Au cours d'un vernissage, Valère présente
à un parterre de critiques son ultime chef-d'œuvre :
"le sourire" !







La fugue de Camille se termine sur la plage.
Elle aimerait que les vagues l'entraînent au large
mais le reflux enfonce ses pieds dans le sable, toujours plus.






Valère contemple le sourire figé de sa toile.
Passion pour l'immobile, comme les pierres ou les œuvres anciennes.
Méfiance en revanche pour tout ce qui bouge,
comme les averses passagères qui tombent sans prévenir,
ou l'inconstance humaine (notamment celle des critiques d'art).





Camille longe la plage. Le brouillard efface la ligne d'horizon.
Elle se laisse guider par des petites traces de pas en zig-zag,
qui marquent le sable comme une écriture hésitante,
et qu'elle essaie de déchiffrer pour en deviner le fragile destin.







Clarisse entame une relation avec Thibaut
pour atténuer l'amour platonique et idéalisée du jeune homme.
Ce matin-là, chez lui, elle trouve ses traductions
et parcourt les lignes de sa petite prose désuète
tandis que lui parcourt les lignes de ses petits pieds fermes.
Chacun reste perplexe sur ce qu'il cherche à déchiffrer.





Melissandre craque. Elle ne veut plus héberger
ce musicien des gouttières : il pose ses fesses sur la table,
vide le frigo à la moindre fringale et ment constamment
(par crainte de baisser dans son estime, en fait).
Alors il lui joue son air favori et tout rendre dans l'ordre,
cet ordre qu'elle affectionne particulièrement.







Un vol dans la nuit : Valère se réveille...
le tableau du "Sourire" a disparu.
Il n'en restera qu'un souvenir.
Sa vocation de peintre est brisée.





Lubin longe la plage, dans le brouillard.
Il revient en suivant ses traces pour ne pas se perdre
et rencontre une fille malingre qui les suivait,
elle aussi, pour la même raison.





Au coin d'une rue, Valère découvre,
parfaitement encadré dans une fenêtre,
le portrait qu'il avait toujours rêvé de peindre.






C'est la nuit. Après leur fugue,
Camille et Lubin ne veulent plus retourner chez eux.
Ils brûlent les affaires qui trainent au fond des poches,
et regardent leur passé se consumer, tout en se réchauffant.